Petite escapade à la Guajira

La Guajira, tout au nord de la Colombie (au niveau de la petite pointe près du Vénézuela), est l’une des régions les plus sauvages et différentes du reste du pays, où habitent les Wayuu, peuple indigène qui a su préserver sa culture et ses traditions. Un endroit fascinant donc, que nous tenions absolument à visiter par nous-mêmes (des tours organisés de deux ou trois jours existent mais sont très chers et donnent l’impression de survoler la région), même si certaines personnes nous assuraient que c’était impossible tout seul. 

RiohachaNous sommes donc partis à la découverte de Riohacha, capitale de la Guajira facilement accessible depuis Santa Marta. C’est agréablement surpris que nous sommes arrivés dans une ville animée et colorée, les trottoirs jonchés de superbes sacs traditionnels Wayuu tissés à la main de toutes les couleurs. La chance était de notre côté car nous sommes tombés sur un festival ce jour là, et le soir venu, le front de mer a vite pris des allures de kermesse géante, avec défilé de mode d’un côté, concours de chant en face, des stands de tirs, jetée de pièces, roulette, et bien sûr de la nourriture à foison.

Au puits pour chercher l'eau de la douche
Au puits pour chercher l’eau de la douche

Le lendemain, direction la péninsule désertique de la Guarija, et plus particulièrement le petit village de Cabo de la Vela. Et La Guajira à ce niveau là, c’est un peu l’Afrique retrouvée… pour atteindre Cabo, pas de route passé Uribia (petite ville atteinte rapidement en collectivo via Riohacha), il faut donc prendre une jeep ou un pick-up ramenant nourriture, boissons, équipements ménagers, etc, au village, sur une piste pas toujours très agréable. Et au bout de deux petites heures dans le désert apparaît progressivement devant nos yeux, tel un mirage, l’eau de la mer… Quelques bosses et nids-de-poule plus tard, nous débarquons enfin dans le petit village perdu de Cabo de la Vela : une seule rue bordée de « hospedajes » improvisés d’un côté et de leurs abris de bois réservés aux hamacs de l’autre, face à la mer et quelques restaurants. Ici, pas d’eau courante (c’est le retour des « bucket shower » tant aimées) ni d’électricité malgré la présence imposante de poteaux électriques qui ne font office que de décoration… C’est en discutant avec des amis colombiens que l’on apprend que cette magnifique région, pleine de ressources naturelles (charbon, métal, vent, et même pétrole), est paradoxalement l’une des plus pauvres du pays. A l’image des poteaux inutiles, toutes les richesses exploitées ici ne profitent aucunement à la population locale, qui vit dans un village comme figé dans le temps. Mais il faut avouer que cela fait partie du charme de Cabo et que les Wayuu préfèrent conserver leur terre dans cet état brut et sauvage. On retiendra avec sourire et un petit pincement au coeur le cri triomphant et de joie pure d’un petit garçon hurlant « Bom bom bom!! » après avoir reçu une simple sucette.

Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés à Palomino, petit village situé à l’est du parc national Tayrona, avant Riohacha. Rien de très intéressant au niveau du village même, mais une petite marche d’une quinzaine de minutes nous mènent à une des plus jolies plages du pays, où l’on trouve quelques campings/hamacs à l’ambiance très relax et hippie. On y oublie très vite le reste du monde, à se reposer dans les hamacs ou au bord de la plage à observer les pêcheurs du village en action, bref un vrai havre de paix.

Palomino    Palomino2

Cette petite virée dans la Guajira aura été un des moments les plus magiques de notre séjour en Colombie, mais la véritable conclusion est : les hamacs sont super pour se reposer, lire, se balancer, voire faire une siesta, mais pour une nuit complète, rien ne vaut un bon vieux lit!!!

Hamacs

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